AccueilBlog
mandat-mandataire-courtage

Mandat et mandataire en courtage : statuts, obligations et pratique en 2026

Mandat et mandataire en courtage : statut MIA, obligations ORIAS, contrat de mandat, rémunération, RC pro et responsabilités. Guide complet 2026.
Anthony Dufrasne
Co-fondateur, Prestimonia
Publié le
26 June 2026
Lecture
min
Mis à jour
02 July 2026

Dans le monde du courtage français, le terme de « mandat » recouvre deux réalités très différentes qui prêtent à confusion. D'un côté, il y a le mandat que le client donne au courtier pour le représenter face aux compagnies (le mandat de représentation, fondement même du courtage). De l'autre, il y a le contrat de mandat qui lie un courtier dit « mandant » à un mandataire d'intermédiaire d'assurance (MIA) ou un mandataire d'intermédiaire en opérations de banque (MIOBSP), c'est-à-dire à une personne ou structure qui agit pour son compte sans être elle-même immatriculée comme courtier.

Cette confusion est lourde de conséquences. Un cabinet qui structure mal ses relations avec ses mandataires s'expose à des risques disciplinaires côté ACPR, à des litiges en cas de mauvaise gestion, et à un brouillage de son schéma de distribution qui peut compromettre sa croissance.

Cet article décrit précisément les deux notions de mandat en courtage, le cadre légal du statut de mandataire (MIA, MIOBSP), les obligations applicables, les types de mandats utilisés en pratique, les clauses essentielles d'un contrat de mandat, les modèles de rémunération, les responsabilités encourues et les implications pour un cabinet qui souhaite se développer via un réseau de mandataires ou rejoindre une enseigne en tant que mandataire.

Mandat et mandataire en courtage : la définition juridique

Le mandat est défini par l'article 1984 du Code civil comme « un acte par lequel une personne donne à une autre le pouvoir de faire quelque chose pour le mandant et en son nom ». Cette définition générique se décline en courtage de plusieurs façons.

Le mandat de courtage proprement dit

Lorsqu'un client souscrit auprès d'un courtier, il signe un mandat qui autorise le courtier à le représenter auprès des compagnies d'assurance ou des établissements bancaires. Ce mandat est la pierre angulaire du courtage : sans mandat du client, le courtier ne peut négocier ni placer, ni gérer un contrat. Il est généralement formalisé par une lettre de mandat ou un mandat de courtage, qui précise la mission (souscription, gestion, sinistre), sa durée et sa portée (un produit, plusieurs branches, tout le patrimoine assurantiel du client).

Le contrat de mandat entre un courtier mandant et un mandataire

C'est l'autre sens du mot. Lorsqu'un courtier souhaite déléguer une partie de son activité de distribution à une autre personne ou structure sans que celle-ci soit elle-même courtier, il signe avec elle un contrat de mandat. La personne mandatée devient alors mandataire d'intermédiaire d'assurance (MIA) si l'activité concerne l'assurance, ou mandataire d'intermédiaire en opérations de banque et services de paiement (MIOBSP) si elle concerne le crédit ou les services de paiement.

C'est cette seconde acception qui structure les réseaux de distribution modernes en assurance et en crédit, et qui fait l'objet d'un encadrement réglementaire précis.

Les 4 catégories d'intermédiaires en assurance selon l'ORIAS

Pour comprendre le rôle du mandataire, il faut d'abord situer l'ensemble des statuts d'intermédiation. L'article R.511-2 du Code des assurances distingue 4 catégories d'intermédiaires en assurance, toutes immatriculées à l'ORIAS.

1. Le courtier d'assurance (COA)

Indépendant des compagnies, il est mandaté par ses clients. Il représente le client face aux assureurs, négocie pour son compte et place les risques auprès du marché. C'est lui qui détient la relation client.

2. L'agent général d'assurance (AGA)

Mandaté par une ou plusieurs compagnies d'assurance, il représente l'assureur face aux clients. Il distribue exclusivement les produits des compagnies qui l'ont mandaté.

3. Le mandataire d'assurance (MA)

C'est une personne physique ou morale, mandatée par une entreprise d'assurance, mais à la différence de l'agent général, son mandat est non exclusif et il n'a pas le statut d'agent général. Il distribue les produits de la compagnie qui l'a mandaté.

4. Le mandataire d'intermédiaire d'assurance (MIA)

C'est ici que la notion qui nous intéresse intervient. Le MIA est mandaté non pas par une compagnie, mais par un autre intermédiaire (courtier, agent général, ou autre MIA). Il agit pour le compte de son mandant, sous sa responsabilité, et ne peut placer que les produits accessibles via le mandant. Le MIA est immatriculé à l'ORIAS et soumis à toutes les obligations de l'intermédiation, mais il ne supporte pas seul la responsabilité de la distribution : son mandant l'engage.

En crédit, la classification est miroir : on parle de COBSP (courtier en opérations de banque), MOBSP (mandataire d'opérations de banque exclusif ou non) et MIOBSP (mandataire d'intermédiaire en opérations de banque et services de paiement).

Pourquoi le statut de MIA s'est généralisé

Le statut de mandataire d'intermédiaire d'assurance a connu une croissance massive depuis 2018 pour trois raisons opérationnelles concrètes.

1. Une porte d'entrée plus accessible que celle de courtier

Devenir courtier exige plusieurs prérequis : capacité professionnelle niveau I (150 heures de formation ou équivalent), souscription d'une RC pro, garantie financière si on encaisse les primes, immatriculation ORIAS au tarif annuel. Pour un commercial qui débute ou un consultant qui veut tester une activité d'intermédiation, le statut de MIA permet d'entrer dans le métier avec un niveau de formation plus léger (capacité niveau II ou III selon les fonctions) et sans avoir à monter immédiatement une RC pro et une garantie financière, car ces couvertures sont portées par le courtier mandant.

2. Un cadre de distribution maîtrisé pour le courtier mandant

Côté courtier mandant, la mécanique permet de bâtir un réseau de distribution sans franchiser et sans embaucher. Le mandataire est juridiquement autonome (il facture des commissions ou honoraires), mais opérationnellement intégré au cabinet (il utilise les outils, les contrats, les produits du mandant). Pour un cabinet en croissance, c'est un levier de scalabilité majeur.

3. Une réponse aux enseignes de distribution en réseau

Les groupements (Apicil, AÉSIO, Groupama Réseau, Allianz, Generali via leurs réseaux courtage) recourent massivement à des MIA pour densifier leur maillage territorial sans embaucher de salariés. Le mandataire travaille à son compte, sous l'enseigne du groupement, avec ses produits.

Les obligations légales du mandataire d'intermédiaire d'assurance

Le MIA n'échappe pas aux obligations de l'intermédiation. Il est soumis aux mêmes règles que le courtier qui le mandate, avec quelques nuances.

Immatriculation à l'ORIAS

Tout MIA, personne physique ou personne morale, doit être immatriculé à l'ORIAS dans la catégorie « mandataire d'intermédiaire d'assurance ». L'immatriculation est annuelle et publique : un client peut vérifier qu'un mandataire qui se présente à lui est bien enregistré.

Capacité professionnelle

L'article R.512-9 du Code des assurances impose une capacité professionnelle dont le niveau dépend des fonctions exercées :

  • Niveau I (équivalent licence pro, ou 150h de formation + 6 mois d'expérience) si le MIA pilote l'activité ou encadre d'autres salariés.
  • Niveau II (équivalent BTS, ou 150h de formation + 4 mois d'expérience) pour les fonctions intermédiaires.
  • Niveau III (équivalent CAP/BEP, ou 150h de formation + 2 mois d'expérience) pour les fonctions de distribution simple.

Cette capacité doit être justifiée à l'ORIAS au moment de l'immatriculation.

Honorabilité

Le MIA doit présenter un casier judiciaire vierge des infractions listées à l'article L.500-1 du Code monétaire et financier (escroquerie, abus de confiance, blanchiment, etc.).

Formation continue (DDA)

Depuis la directive sur la distribution d'assurance (DDA) transposée en 2018, chaque intermédiaire, MIA compris, doit suivre au minimum 15 heures de formation continue par an, dont le contenu est encadré (réglementation, produits, déontologie, lutte contre le blanchiment).

Devoir de conseil et information précontractuelle

Le MIA doit respecter le devoir de conseil de l'article L.521-4 du Code des assurances : recueillir les exigences et besoins du client, fournir une recommandation personnalisée, formaliser ses conseils par écrit. Il doit également remettre la fiche d'information précontractuelle prévue par DDA, identifier sa qualité (mandataire de tel courtier), et indiquer qu'il agit pour le compte de son mandant.

Lutte contre le blanchiment

Le MIA est soumis aux obligations LCB-FT comme tout intermédiaire : identification du client, vigilance, déclaration de soupçon à Tracfin le cas échéant.

Les types de mandats utilisés en pratique

En fonction de la nature de la relation entre le courtier mandant et le mandataire, plusieurs types de mandats coexistent.

Le mandat de distribution simple

C'est le mandat de base. Le MIA est autorisé à distribuer les produits proposés via le mandant, à conseiller les clients, à formaliser la souscription. Il n'a pas le pouvoir de gérer les sinistres ni d'encaisser les primes pour le compte du mandant. Tout passe par le mandant.

Le mandat de distribution et de gestion

Plus large que le précédent, ce mandat ajoute la gestion courante des contrats : avenants, encaissements (si le mandant a la garantie financière requise), suivi des sinistres simples. Le MIA devient alors un véritable point de contact pour le client tout au long de la vie du contrat.

Le mandat de gestion sinistre

Mandat spécifique limité à la gestion des sinistres. Utilisé typiquement quand un courtier mandant souhaite externaliser le SAV sinistres à un mandataire spécialisé.

Le mandat exclusif vs non exclusif

Un MIA peut être mandaté par un seul courtier (mandat exclusif) ou par plusieurs courtiers différents (mandat non exclusif). En pratique, beaucoup de MIA cumulent plusieurs mandats pour avoir accès à un catalogue de produits plus large. Le contrat de mandat doit clarifier ce point.

Le mandat avec ou sans encaissement

Si le mandat autorise l'encaissement des primes par le mandataire, celui-ci doit pouvoir justifier d'une garantie financière propre (article L.512-7 du Code des assurances) ou voir cette garantie portée par le mandant via un avenant spécifique. La majorité des mandats sont sans encaissement, pour des raisons de simplicité.

Le contrat de mandat de courtage : les clauses essentielles

Un contrat de mandat bien rédigé protège à la fois le courtier mandant et le mandataire. Voici les 10 clauses indispensables que doit contenir un contrat de mandat.

1. Identification précise des parties

Nom, raison sociale, numéro ORIAS du mandant et du mandataire, adresse du siège, représentants légaux. Cette précision conditionne la traçabilité réglementaire.

2. Objet du mandat

Description exacte de la mission confiée : quelles branches d'assurance, quels produits, quel territoire, quelle clientèle. L'objet doit être assez large pour autoriser l'activité et assez précis pour ne pas créer d'ambiguïté.

3. Étendue des pouvoirs

Liste des actes autorisés : conseiller, souscrire, gérer, encaisser, transiger, instruire un sinistre. Liste des actes interdits sans accord préalable du mandant.

4. Durée et résiliation

Durée déterminée ou indéterminée, conditions et préavis de résiliation, sort des dossiers en cours en cas de rupture, clause de non-débauchage de clientèle.

5. Rémunération

Montant, fréquence et conditions de versement des commissions ou honoraires, modalités de partage des reversements, traitement des annulations et reprises sur commissions.

6. Engagements du mandataire

Respect du devoir de conseil, formation continue, honorabilité maintenue, respect de la politique commerciale du mandant, reporting d'activité, devoir de loyauté.

7. Engagements du mandant

Mise à disposition des outils, formations, accès aux produits, accompagnement, paiement régulier des commissions, couverture par la RC pro et la garantie financière le cas échéant.

8. Propriété de la clientèle

Clause souvent oubliée et pourtant centrale. À qui appartient le portefeuille construit par le mandataire ? Au mandant ? Au mandataire ? Partagé ? Cette question conditionne ce qui se passe en cas de rupture du mandat.

9. Confidentialité et protection des données

Engagement de confidentialité, conformité RGPD, traitement des données clients dans le cadre du mandat, restitution des données en fin de mandat.

10. Clauses pénales et juridiction compétente

Conséquences d'un manquement du mandataire (résiliation pour faute, dommages-intérêts), juridiction compétente en cas de litige.

Un contrat de mandat de courtage de qualité fait typiquement 12 à 20 pages. En faire l'économie en utilisant un modèle générique trouvé sur internet est l'erreur la plus coûteuse d'un cabinet qui démarre un réseau de mandataires.

Côté conseil
La clause de propriété de la clientèle vaut plus que toutes les autres réunies

Dans 80 % des litiges de fin de mandat que nous voyons passer, le contentieux porte sur le portefeuille construit par le mandataire. Sans clause explicite, le portefeuille reste juridiquement attaché à la relation officielle avec les compagnies, c'est-à-dire au courtier mandant. Pour un mandataire qui démarre, négocier dès le départ une clause de rachat de portefeuille en cas de rupture (formule de valorisation, multiple de commissions, délai de paiement) vaut plus que 2 ou 3 points de partage de commissions supplémentaires.

La rémunération du mandataire : 3 modèles principaux

La rémunération du MIA est libre, négociée entre le mandant et le mandataire. Trois modèles dominent en pratique.

Le partage de commissions

Le plus courant. Sur chaque affaire apportée et placée, le mandant perçoit la commission de la compagnie et reverse au mandataire un pourcentage (typiquement 50 à 80 %). Ce modèle aligne les intérêts : le mandataire est rémunéré sur la performance réelle.

La rémunération à l'apport

Le mandataire perçoit une commission fixe pour chaque dossier qu'il apporte au mandant, indépendamment du résultat final. Modèle plus rare en pratique, utilisé surtout dans des configurations très spécifiques (apporteur d'affaires occasionnel).

Les honoraires forfaitaires

Le mandataire perçoit un honoraire fixe mensuel ou par mission, en complément ou à la place des commissions. Modèle utilisé pour des prestations de gestion ou des missions de conseil sortant du strict cadre de l'intermédiation.

Le contrat de mandat doit également préciser le sort des reprises sur commissions (cas où un client résilie en première année et où la compagnie reprend une partie de la commission versée), des renouvellements (qui reverse quoi pendant combien d'années), et de la portabilité des commissions en cas de cessation du mandat.

Les responsabilités et les risques

Le statut de mandataire crée une chaîne de responsabilités qu'il est essentiel de bien comprendre.

Responsabilité du courtier mandant

Le courtier mandant reste responsable de la conformité globale de la distribution : il porte la RC pro, la garantie financière, le devoir de conseil de la chaîne. Si un mandataire commet une faute (mauvais conseil, défaut d'information), le client peut se retourner contre le mandant. Ce dernier peut ensuite se retourner contre le mandataire via les clauses du contrat, mais face au client il est en première ligne.

Responsabilité du mandataire

Le mandataire reste personnellement responsable de ses actes : respect du devoir de conseil envers le client, conformité de ses pratiques commerciales, formation continue. Il peut être personnellement sanctionné par l'ACPR en cas de manquement grave.

Risques opérationnels typiques

Trois risques reviennent régulièrement dans les sanctions ACPR et dans les contentieux :

  • Le défaut de devoir de conseil : recommandation inadaptée, défaut de formalisation écrite des conseils. C'est le contentieux n°1 en intermédiation.
  • Le détournement de clientèle : le mandataire qui quitte le mandant en emmenant son portefeuille sans cadre juridique clair. D'où l'importance de la clause de propriété de la clientèle dans le contrat de mandat.
  • Le mélange des casquettes : un mandataire qui distribue à la fois pour plusieurs mandants, sans informer clairement le client de l'identité du mandant pour chaque opération. Source régulière de litiges.

Couverture RC pro

Même si la RC pro est en principe portée par le mandant, beaucoup de mandataires souscrivent une RC pro complémentaire pour couvrir leur responsabilité personnelle. Cette couverture coûte 400 à 1 500 € par an selon le périmètre d'activité, et c'est un investissement raisonnable au regard des risques.

Courtier mandant ou mandataire : quel statut choisir pour son cabinet

Pour un professionnel qui s'installe ou pour un cabinet en croissance, le choix entre le statut de courtier autonome et celui de mandataire d'un courtier ou d'une enseigne est structurant. Voici comment trancher.

Devenir mandataire (MIA) fait sens si :

  • Vous démarrez l'activité et préférez un cadre porteur (outils, produits, accompagnement) plutôt que tout monter seul.
  • Vous voulez tester un marché ou une niche avant d'investir dans une structure de courtage indépendante.
  • Vous n'avez pas envie de gérer la complexité réglementaire (capacité niveau I, RC pro, garantie financière, LCB-FT en propre).
  • Vous voulez rejoindre une enseigne forte (Apicil, Cyrus, Crystal, Carmin, etc.) pour bénéficier de la marque et du flux.
  • Vous êtes en transition entre salariat et indépendance.

Devenir courtier autonome (COA) fait sens si :

  • Vous avez une clientèle déjà constituée que vous voulez piloter en pleine autonomie.
  • Vous voulez la maîtrise totale sur le choix des compagnies, des produits, des process, de la marque.
  • Vous visez une valeur de revente du cabinet à terme : un cabinet courtier autonome se valorise sur le portefeuille, un mandataire qui dépend d'un mandant n'a presque pas de valeur de revente.
  • Vous voulez développer votre propre réseau de mandataires.
  • Vous avez le capital initial pour monter la structure (5 000 à 25 000 € selon les options : RC pro, garantie financière, outils, locaux).

Dans la pratique, beaucoup de professionnels commencent comme mandataires pendant 2 à 5 ans, puis évoluent vers un statut de courtier autonome une fois leur portefeuille suffisamment robuste pour justifier la complexité accrue. Cette trajectoire est la plus courante en 2026.

Construire ou rejoindre un réseau de mandataires : implications business

Au-delà du choix de statut, deux stratégies de croissance s'offrent à un cabinet patrimonial bien établi : recruter ses propres mandataires (devenir mandant) ou rejoindre une plateforme existante en tant que mandataire affilié.

Bâtir un réseau de mandataires en propre

C'est la voie de la croissance par la distribution. Le cabinet mandant investit dans une marque, des outils, des process, et recrute des mandataires qui distribuent à son compte. Le modèle économique repose sur la marge prise sur la commission entre le tarif compagnie et le reversement au mandataire (généralement 15 à 30 % de marge brute).

Les conditions de succès :

  • Une marque forte ou une niche bien identifiée qui attire les mandataires.
  • Des outils performants (CRM, comparateur, espace client, intranet mandataire).
  • Une mécanique de génération de leads centralisée qui alimente les mandataires (sinon ils partiront chez le concurrent).
  • Un back-office solide pour le suivi des commissions, la conformité, le reporting.

C'est sur la génération de leads centralisée que la majorité des projets de réseaux de mandataires butent. Sans flux de prospects qualifiés industrialisé, les mandataires se retrouvent à devoir générer eux-mêmes leur business, ce qui supprime l'avantage compétitif de la marque.

Rejoindre un réseau existant en tant que mandataire affilié

C'est la voie inverse : un professionnel rejoint une enseigne (un cabinet de courtage déjà structuré, un groupement, un GIE) en tant que MIA, profite de la marque, des outils et des produits, et se concentre sur la production commerciale. La rémunération est partagée mais la barrière d'entrée est bien plus basse.

Les conditions de succès :

  • Choisir une enseigne dont la marque ouvre des portes dans votre cible (HNWI, dirigeants, retraités, etc.).
  • Vérifier la qualité du back-office et des outils mis à disposition.
  • Négocier finement le partage de commissions et la propriété de la clientèle en cas de rupture du mandat.

L'enjeu acquisition pour un courtier mandant ou un mandataire

Quelle que soit la structure choisie, la question de l'acquisition de clients reste centrale. Un mandataire qui dépend uniquement du flux de son mandant est fragile : il risque de se retrouver sans pipeline si le mandant change sa stratégie ou cesse de l'approvisionner. Un cabinet mandant qui n'industrialise pas son acquisition risque de voir ses mandataires partir chez un concurrent mieux équipé.

Concrètement, deux compétences sont devenues décisives en 2026 :

  1. La capacité à générer du flux qualifié via une machine d'acquisition multicanale (SEO, paid, LinkedIn, partenariats prescripteurs, cold email B2B).
  2. La capacité à qualifier et prioriser les leads avant de les confier à un commercial ou à un mandataire.

Ces deux compétences ne sont pas le métier d'un courtier ni d'un mandataire : ce sont des compétences d'agence d'acquisition.

Prestimonia est une agence d'acquisition spécialisée pour les cabinets de conseil patrimonial, les courtiers et les réseaux de mandataires.

Prestimonia construit et opère la machine à leads des cabinets clients : acquisition multicanale, qualification automatisée via l'agent IA Converset, prise de rendez-vous garantis qualifiés.

La Méthode ASAP industrialise l'ensemble du dispositif, et permet à un cabinet mandant ou à un mandataire indépendant de disposer d'un pipeline prévisible sans recruter une équipe acquisition en interne.

FAQ : Mandat et mandataire en courtage

Quelle différence entre un courtier et un mandataire d'intermédiaire d'assurance ?

Le courtier (COA) est immatriculé à l'ORIAS comme intermédiaire indépendant, mandaté par ses clients, responsable directement de la distribution. Le mandataire d'intermédiaire d'assurance (MIA) est immatriculé à l'ORIAS comme mandataire d'un autre intermédiaire (le plus souvent un courtier), agit pour le compte de son mandant et sous sa responsabilité globale. Le MIA ne peut distribuer que les produits accessibles via le mandant qui l'a habilité.

Le statut de MIA exige-t-il une RC pro et une garantie financière ?

La RC pro et la garantie financière (le cas échéant) sont en principe portées par le courtier mandant. Le MIA n'a pas l'obligation légale d'en souscrire en propre. Toutefois, beaucoup de MIA souscrivent une RC pro complémentaire pour couvrir leur responsabilité personnelle, ce qui est fortement recommandé. Le coût d'une RC pro MIA varie entre 400 et 1 500 € par an.

Un MIA peut-il avoir plusieurs mandants ?

Oui, sauf clause d'exclusivité dans le contrat de mandat. Un MIA peut être mandaté par plusieurs courtiers différents, en assurance vie, en prévoyance, en santé, en IARD, ce qui lui permet d'élargir le catalogue de produits disponibles. Le contrat de mandat doit préciser si le mandat est exclusif ou non, et le MIA doit informer clairement chaque client de l'identité du mandant pour chaque opération.

Quelle est la capacité professionnelle requise pour devenir MIA ?

Selon les fonctions exercées, le MIA doit justifier d'une capacité professionnelle de niveau I, II ou III définie par l'article R.512-9 du Code des assurances. Le niveau III (le moins exigeant) requiert 150 heures de formation et 2 mois d'expérience, ou un diplôme équivalent à un CAP/BEP. Le niveau I (le plus exigeant, requis pour piloter une activité ou encadrer du personnel) requiert un diplôme bac+3 dans le domaine ou 150 heures de formation et 6 mois d'expérience.

Combien gagne un mandataire d'intermédiaire d'assurance ?

La rémunération dépend du modèle économique du mandant et de la productivité du mandataire. Sur un partage de commissions à 70/30 en faveur du mandataire, un MIA en assurance vie qui place 500 000 € d'encours sur l'année peut percevoir entre 5 000 et 15 000 € de commissions sur la première année, selon les barèmes des compagnies. En IARD (auto, MRH), un MIA productif peut viser 30 000 à 70 000 € annuels de commissions sur portefeuille en régime de croisière.

Un MIA peut-il encaisser les primes des clients ?

L'encaissement de primes est strictement encadré (article L.512-7 du Code des assurances). Si le mandat autorise l'encaissement, le MIA doit pouvoir justifier d'une garantie financière (typiquement portée par le mandant via un avenant), tenir une comptabilité spécifique des fonds clients et reverser ces fonds dans les délais réglementaires. En pratique, la grande majorité des MIA travaillent sans encaissement, les primes étant payées directement à la compagnie ou au mandant.

Que se passe-t-il en cas de rupture du mandat ?

Le sort des dossiers en cours et du portefeuille construit par le mandataire dépend exclusivement des clauses du contrat de mandat. Trois situations classiques : le portefeuille reste au mandant (modèle classique), le portefeuille appartient au mandataire qui peut le porter chez un autre mandant (rare), ou le portefeuille est partagé selon une grille négociée (modèle hybride). En absence de clause claire, les litiges sont fréquents et la jurisprudence donne souvent raison au courtier mandant qui a la relation officielle avec les compagnies.

Le mandat de courtage et le contrat de mandat avec un MIA sont-ils la même chose ?

Non, ce sont deux notions juridiquement distinctes. Le mandat de courtage est le mandat que le client donne au courtier pour le représenter face aux compagnies (fondement du courtage). Le contrat de mandat avec un MIA est le contrat qui lie un courtier mandant à un mandataire d'intermédiaire d'assurance (relation de distribution). Le premier est régi par les articles L.521-4 et suivants du Code des assurances, le second relève du droit commun du mandat (articles 1984 et suivants du Code civil) complété par la réglementation ORIAS.

Quels sont les risques disciplinaires en cas de manquement d'un MIA ?

Le MIA peut être sanctionné par l'ACPR : avertissement, blâme, interdiction d'exercice temporaire ou définitive, sanction pécuniaire jusqu'à 100 millions d'euros pour une personne morale. Le mandant peut également être sanctionné pour défaut de surveillance de son mandataire. La sanction est inscrite au registre ORIAS et peut entraîner la radiation, ce qui interdit toute reprise d'activité d'intermédiation pendant la durée de l'interdiction.

Sommaire

RDV Clé en main

Construisez votre système
d'acquisition en 90 jours

Diagnostic gratuit · Méthode éprouvée ·
Résultats mesurables

Réserver un diagnostic →

Partager cet article

Tags
Acquisition client
Automatisation
CGP
Prospection
Conversion
Email marketing
À propos de l'auteur

Anthony Dufrasne

Co-fondateur & Directeur de la stratégie — Prestimonia

Anthony accompagne les professionnels de la finance dans la construction de systèmes d'acquisition autonomes depuis 2019. Il a contribué à générer plus de 277M€ de patrimoine géré pour les CGP du réseau Prestimonia. Spécialiste de la conversion et de l'automatisation marketing dans les secteurs réglementés.

Voir tous les articles de
Anthony Dufrasne
Purple arrow pointing to the right.